Le rythme de notre maisonnée en confinement s'est synchronisé au fil des jours : le fils et le père en pleine lecture dans le salon. Mon fils, perdu dans ses pensées dans les reflets de l'extérieur, lèche une cuillère de gâteau au chocolat dans l'après-midi pendant que son père cuisine. My son and my boyfriend busy on their screens, one playing a videogame and the other one working on his computer, in the living room, April 2, 2020.
Mon fils et mon compagnons occupes sur leurs ecrans, l un jouant a un jeu video et l autre travaillant sur son ordinateur dans le salon, 2 avril 2020. En ce tout début de printemps, je peux encore apercevoir à travers les feuillages clairsemés des arbres du Canal un jogger dans une rue d'en face. Mon compagnon assis sur le lit regarde la courbe de progression des décès dûs au Covid-19 dans les pays d'Europe les plus touchés, alors que le pic en France n'était pas encore atteint. Télétravail, activité pédagogique en ligne, linge qui sèche, un concentré du quotidien dans le salon. Vue de la fenetre sur la rue depuis le septieme etage, 31 mars 2020. Deux fois par semaine depuis le début du confinement, je fais découvrir à mon fils les vieux James Bond, une expérience de partage et de transmission délicieuse pour chacun de nous. Un gros câlin sur le canapé à la fin de l'après-midi après que mon fils a exprimé de la lassitude. Vue de la fenetre sur les bords Canal de Brienne, normalement fermes au public depuis le septieme etage : un couple portant des masques de protection faits maison se promene le long de l eau, 5 avril 2020. Vue de la fenetre sur une maison en face de l immeuble depuis le septieme etage : ma voisine prend un bain de soleil maintenant que le soleil illumine son balcon, 4 avril 2020. Vue de la fenêtre de ma chambre : un voisin  dans sa chambre sur son téléphone portable allongé dans un rayon de soleil. Mon fils boude dans sa chambre après une dispute avec son père pour une histoire de console de jeux vidéo. Le confinement : de l'art d'être les uns sur les autres sans s'étouffer... Ennui profond après cinq semaines entières à la maison à ne plus savoir que faire comme activité. Tous les jours ensemble à tous les repas... Le chat s'incruste à table systématiquement et notre fils n'est pas vraiment concentré sur son assiette. Notre chatte reveillee avant le diner pendant une paisible fin de journee dans le salon, 11 avril 2020. Au loin dans un immeuble, comme un tableau, dans une douce atmosphère, ce couple profite de la fin de journée sur un balcon qui semble exigu. Soirée télé canapé, ce qui n'était pas dans nos habitudes familiales avant le confinement, mais les écrans ont envahi plus encore notre vie quotidienne devenue sédentaire : travail, distraction, apprentissage, détente, en solitaire ou tous réunis... A 20h, les voisins dans un immeuble qui ressemble au nôtre applaudissent le personnel soignant depuis leurs fenêtres, comme nous depuis notre petit balcon. Parfois, en soirée, mon compagnon fait découvrir à notre fils de vieux sketches des "Inconnus" sur l'ordinateur. Un aperçu d une soiree tranquille dans la maison de mon voisin, le 15 avril 2020. Un soir, le reflet de mon fils dans la fenêtre : désormais il ne sait que trop bien trouver son programme favori en replay sur l'ordinateur, 11 avril 2020. Les soirées s'étirent, car avec le confinement, notre fils a rapidement changé de rythme de sommeil. En pleine forme jusque tard le soir, il recule sans cesse le moment de coucher. A huit ans, notre fils a terriblement besoin de se défouler plusieurs fois dans la journée : des bagarres complices ont lieu très souvent à sa demande. Mon fils ne veut pas aller au lit, 15 avril 2020. Pour plus de tranquillité, les visioconférences liées au télétravail ont été transférées dans la chambre à coucher. Jardinage sur le balcon, 16 avril 2020. Un instantane de mon fils espiegle dans sa chambre capture dans la vitre d un cadre photo sur un mur, 18 avril 2020. Mon fils, confortablement installé sur son lit, aime lire et relire Anatole Latuile, 19 avril 2020. Le suivi pedagogique quotidien envoye par sa maitresse par mail que l on coupe en deux, matin et apres midi, parfois interrompu par le chat : pas facile de trouver la motivation, 23 avril 2020. Vue exterieure par mes fenetres en cette fin d'après midi printanière, à l'heure où les gens sont détendus, 24 avril 2020. La vue depuis le balcon sur Toulouse : je remarque pour la première fois ces deux filles assises sur le toit du parking couvert, alors qu'il fait soleil à nouveau, 25 avril 2020. Scène de ménage sur le balcon d'en face.  Orage sur Toulouse, 25 avril 2020. Préparatif à la coupe de cheveux, le jour avant un nouveau début, 10 mai 2020. Dernier week-end avant la levée du confinement : une coupe de cheveux s'impose pour aborder cette nouvelle étape. Nouvelle tête de futur déconfiné. Dernier week end de confinement et experimentation photographique sur le balcon pour tenter de saisir autre chose que la simple réalité. Dernier week end de confinement et experimentation photographique sur le balcon pour tenter de saisir autre chose que la simple réalité. 
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Fenêtres sur confinement

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Le rythme de notre maisonnée en confinement s'est synchronisé au fil des jours : le fils et le père en pleine lecture dans le salon. Mon fils, perdu dans ses pensées dans les reflets de l'extérieur, lèche une cuillère de gâteau au chocolat dans l'après-midi pendant que son père cuisine. My son and my boyfriend busy on their screens, one playing a videogame and the other one working on his computer, in the living room, April 2, 2020.
Mon fils et mon compagnons occupes sur leurs ecrans, l un jouant a un jeu video et l autre travaillant sur son ordinateur dans le salon, 2 avril 2020. En ce tout début de printemps, je peux encore apercevoir à travers les feuillages clairsemés des arbres du Canal un jogger dans une rue d'en face. Mon compagnon assis sur le lit regarde la courbe de progression des décès dûs au Covid-19 dans les pays d'Europe les plus touchés, alors que le pic en France n'était pas encore atteint. Télétravail, activité pédagogique en ligne, linge qui sèche, un concentré du quotidien dans le salon. Vue de la fenetre sur la rue depuis le septieme etage, 31 mars 2020. Deux fois par semaine depuis le début du confinement, je fais découvrir à mon fils les vieux James Bond, une expérience de partage et de transmission délicieuse pour chacun de nous. Un gros câlin sur le canapé à la fin de l'après-midi après que mon fils a exprimé de la lassitude. Vue de la fenetre sur les bords Canal de Brienne, normalement fermes au public depuis le septieme etage : un couple portant des masques de protection faits maison se promene le long de l eau, 5 avril 2020. Vue de la fenetre sur une maison en face de l immeuble depuis le septieme etage : ma voisine prend un bain de soleil maintenant que le soleil illumine son balcon, 4 avril 2020. Vue de la fenêtre de ma chambre : un voisin  dans sa chambre sur son téléphone portable allongé dans un rayon de soleil. Mon fils boude dans sa chambre après une dispute avec son père pour une histoire de console de jeux vidéo. Le confinement : de l'art d'être les uns sur les autres sans s'étouffer... Ennui profond après cinq semaines entières à la maison à ne plus savoir que faire comme activité. Tous les jours ensemble à tous les repas... Le chat s'incruste à table systématiquement et notre fils n'est pas vraiment concentré sur son assiette. Notre chatte reveillee avant le diner pendant une paisible fin de journee dans le salon, 11 avril 2020. Au loin dans un immeuble, comme un tableau, dans une douce atmosphère, ce couple profite de la fin de journée sur un balcon qui semble exigu. Soirée télé canapé, ce qui n'était pas dans nos habitudes familiales avant le confinement, mais les écrans ont envahi plus encore notre vie quotidienne devenue sédentaire : travail, distraction, apprentissage, détente, en solitaire ou tous réunis... A 20h, les voisins dans un immeuble qui ressemble au nôtre applaudissent le personnel soignant depuis leurs fenêtres, comme nous depuis notre petit balcon. Parfois, en soirée, mon compagnon fait découvrir à notre fils de vieux sketches des "Inconnus" sur l'ordinateur. Un aperçu d une soiree tranquille dans la maison de mon voisin, le 15 avril 2020. Un soir, le reflet de mon fils dans la fenêtre : désormais il ne sait que trop bien trouver son programme favori en replay sur l'ordinateur, 11 avril 2020. Les soirées s'étirent, car avec le confinement, notre fils a rapidement changé de rythme de sommeil. En pleine forme jusque tard le soir, il recule sans cesse le moment de coucher. A huit ans, notre fils a terriblement besoin de se défouler plusieurs fois dans la journée : des bagarres complices ont lieu très souvent à sa demande. Mon fils ne veut pas aller au lit, 15 avril 2020. Pour plus de tranquillité, les visioconférences liées au télétravail ont été transférées dans la chambre à coucher. Jardinage sur le balcon, 16 avril 2020. Un instantane de mon fils espiegle dans sa chambre capture dans la vitre d un cadre photo sur un mur, 18 avril 2020. Mon fils, confortablement installé sur son lit, aime lire et relire Anatole Latuile, 19 avril 2020. Le suivi pedagogique quotidien envoye par sa maitresse par mail que l on coupe en deux, matin et apres midi, parfois interrompu par le chat : pas facile de trouver la motivation, 23 avril 2020. Vue exterieure par mes fenetres en cette fin d'après midi printanière, à l'heure où les gens sont détendus, 24 avril 2020. La vue depuis le balcon sur Toulouse : je remarque pour la première fois ces deux filles assises sur le toit du parking couvert, alors qu'il fait soleil à nouveau, 25 avril 2020. Scène de ménage sur le balcon d'en face.  Orage sur Toulouse, 25 avril 2020. Préparatif à la coupe de cheveux, le jour avant un nouveau début, 10 mai 2020. Dernier week-end avant la levée du confinement : une coupe de cheveux s'impose pour aborder cette nouvelle étape. Nouvelle tête de futur déconfiné. Dernier week end de confinement et experimentation photographique sur le balcon pour tenter de saisir autre chose que la simple réalité. Dernier week end de confinement et experimentation photographique sur le balcon pour tenter de saisir autre chose que la simple réalité. 

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Fenêtres sur confinement

Soit un couple, un garçon de huit ans et un chat confinés dans un immeuble toulousain à partir du 16 mars 2020, en raison de la pandémie. Pour chacun d'entre nous, ce fut la première expérience de confinement imposée par l'État impuissant face aux ravages causés par un virus nouveau et très contagieux. Cette situation exceptionnelle et forcée de repli sur soi a frappé toute la France, une grande partie de l'Europe et du monde. De ce fait elle a pris déjà rang d'événement de portée universelle.
Après deux semaines faciles à vivre, j'ai fini par éprouver du désarroi face aux contradictions anxiogènes des voix politiques et scientifiques. Mon regard s'est alors concentré autour de notre appartement au septième étage donnant sur une ville devenue soudain inaccessible. J'ai jeté mon dévolu sur la langueur de ce quotidien cerné de restrictions, où les loisirs le disputaient aux devoirs et au travail, la lecture aux écrans, entre bon temps, incertitude et attente, notre quotidien, d'abord, et celui des voisins aussi, par les fenêtres.
Hors champ, j'ai observé le fils et le père, leurs relations guidées par un besoin réciproque de protection, leur rapport de force, une grande complicité et un certain mimétisme. Alors que la vie sociale était cantonnée au monde virtuel et que les informations distillaient quotidiennement leur lot de nouvelles dramatiques, leur corps tantôt côte-à-côte, tantôt enlacés, tantôt détachés ont formé un tout et incarné ces heures vécues loin des autres, ici et ailleurs. J'ai documenté cette histoire simple, telle qu'elle s'est déroulée sous mes yeux témoins de l'ordinaire d'un confinement que personne n'aurait jamais osé imaginer.