Cais do Sodre, 2014 Jour de vent à Sao Joao da Caparica, 2015. Plafonnier de la chambre à coucher, Coimbra, 2016.  Le vieux téléphone à l'Hôtel Astoria, Coimbra, 2015. Un homme à sa fenêtre, Coimbra, 2015. Immeuble d'Alcantara et câbles électriques du tramway, 2016. Chiens de Lisbonne, 2014. Vendeuse aux Puces, Feira da Ladra, 2014 Visage dans le tramway 15, 2014. Affiche de coiffeur, Evora, 2016. Vieille dame sous un abribus, 25 avril 2016. Restaurant de la gare, Santarem 2015. La main, Lisbonne 2014. Clair de Lune sur le Tage, 2017 Amalia, 2014. Joana à sa fenêtre, 2017. Autoportrait au miroir, Sesimbra, 2015 Echographie du Tage et du Soleil réunis, 2017 
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Seuls au Monde

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Cais do Sodre, 2014 Jour de vent à Sao Joao da Caparica, 2015. Plafonnier de la chambre à coucher, Coimbra, 2016.  Le vieux téléphone à l'Hôtel Astoria, Coimbra, 2015. Un homme à sa fenêtre, Coimbra, 2015. Immeuble d'Alcantara et câbles électriques du tramway, 2016. Chiens de Lisbonne, 2014. Vendeuse aux Puces, Feira da Ladra, 2014 Visage dans le tramway 15, 2014. Affiche de coiffeur, Evora, 2016. Vieille dame sous un abribus, 25 avril 2016. Restaurant de la gare, Santarem 2015. La main, Lisbonne 2014. Clair de Lune sur le Tage, 2017 Amalia, 2014. Joana à sa fenêtre, 2017. Autoportrait au miroir, Sesimbra, 2015 Echographie du Tage et du Soleil réunis, 2017 

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Seuls au Monde

Pas loin de trois ans passés au Portugal, pays inondé de lumière et de noirceur, pour en extraire ces images. Elles contiennent une attente inextinguible et un sentiment de la disparition, répercutés dans les vibrations anciennes d'un douloureux secret. Ce qui était auparavant invisible s'est révélé dans l'atmosphère océanique et les silences portugais. On y entend la mélodie grave des séparations de l'exil et des retrouvailles perdues. Je l'ai perçue et restituée à ma manière, comme un son que j'ai vu.

J'ai choisi d'explorer les creux et les vides, plus que le trop plein coloré de la capitale d'aujourd'hui et de ses abords qui enchantent les touristes et en font une destination à la mode.

Saisi par cette atmosphère où la solitude absolue le dispute à la recherche de ce qui a disparu, mon regard se promène de l'extérieur vers l'intérieur.

Cette série met en exergue un pan de mon travail photographique au long cours qui s'inscrit dans une joie photographique de la déambulation solitaire, contemplative, en argentique et en noir et blanc. Peu à peu aspirée par ce quelque chose de portugais que je ne saurais définir, je me suis laissée porter par une indicible lame de fond de mélancolie, propre à certains territoires de l'Europe, parcourus dès mes plus jeunes années. Lisbonne, ses rivages, son Tage fonctionnent comme une caisse de résonance pour moi : j'y retrouve un silence assourdissant de non-dits, le champ des possibles des choses inexprimées, le désir impérieux de travailler corps et âme la matière photographique, et celui inassouvi d'approcher ce qui m'échappe. Ce tâtonnement, tel celui d'un aveugle qui sent la lumière du soleil sur ses paupières et la suit, est constitutif de ma photographie et lui donne du sens : aller vers le monde et essayer de le ramener à soi, ressentir la fusion de son existence et de la condition humaine, faire de ce langage inconnu et de sa grammaire personnelle, son écriture.

 

Série réalisée entre 2014 et 2017 à Lisbonne, Coimbra, Santarem, Evora, Estoril, Trafaria notamment.