« Accepte-le, un album portugais 1919-1979 », a été conçu à Lisbonne, entre 2014 et 2016. 
D'abord une collection, j'en ai fait un récit dans un vieil album photo, devenu par la suite livre et une édition d'artiste chez The Eyes.
La collection est composée de photographies anonymes que j'ai collectées et acquises aux Puces pendant deux ans. Ni roman-photo, ni documentaire-fiction, cette histoire place la photographie au premier plan d'une construction littéraire et conceptuelle. Elle explore une histoire de famille portugaise éclatée entre deux rives de l'Océan Atlantique, pendant la dictature. Elle se lit et se voit d'abord dans un album de famille manipulé et créé de toute pièce.
La rencontre accidentelle avec un visage sur une vieille photographie a déclenché chez moi, photographe, un départ de rêve comme un départ de feu. Près de cinquante ans de dictature et la chute de l'empire portugais, conséquences des violentes guerres coloniales en Afrique pendant les années 60, ont muselé les mémoires individuelles et ont flouté la mémoire collective, malgré la Révolution des Œillets et le changement de régime, en 1974. 
Etrangère à cela, j'ai choisi de travailler autour du silence qui recouvre le fracas de ce monde disparu, mais dont les résidus existent et sont à portée de main. C'est aussi de la mémoire collective dont il s'agit, celle du Portugal en premier lieu, mais aussi, la mémoire de l'Europe, marquée par les tragédies et les vagues d'immigrations. Mais ce n'est pas tout. Ces photographies m'intéressent, car elles sont un bien commun universel et offrent la possibilité de parler de l'intime. Lorsque je regardais toutes ces images, j'avais la sensation d'une troublante ressemblance entre ces personnes. Je suis partie de ce que j'ai vu en me projetant littéralement dans ces images. Faisant confiance à l'inconnu, mes pensées m'ont emmenée vers l'autre, cet autre portugais qui m'est devenu soudain familier, à travers sa vie de famille et sa mémoire abandonnée au marché aux puces. Je me suis réappropriée l'histoire de ces gens en leur redonnant une place dans mon récit, quitte à changer le cours de leur propre trajectoire.
2015, Finaliste Prix international de photographie Encontros da Imagem, Braga, Portugal
2016, Exposition Festival Encontros da Imagen, Braga, Portugal - The Eyes Talk sur l’édition spéciale de l’édition d’artiste "Accepte-Le, Un album portugais 1919-1979", Paris Photo et à l'Institut Culturel Français de Lisbonne 
2018, Colloque « Narratives of Loss, War and Trauma: The return from Africa and the end of the Portuguese Empire », à l’Université de Lisbonne.
Projet soutenu par la Fondation Picto

Album acheté aux puces dans les pages duquel j'ai construit mon histoire

Première photo de la collection : cette femme anonyme sur l'image est devenue celle par qui le scandale arrive
Première photo de la collection : cette femme anonyme sur l'image est devenue celle par qui le scandale arrive
Toutes ces images achetées séparément sur deux ans sont devenues celles d'une famille portugaise inventée
Toutes ces images achetées séparément sur deux ans sont devenues celles d'une famille portugaise inventée
Lot d'enveloppes des années 60 qui a fait surgir le chagrin d'amour d'un de mes personnages
Lot d'enveloppes des années 60 qui a fait surgir le chagrin d'amour d'un de mes personnages
J'ai composé physiquement mon histoire, avant d'écrire
J'ai composé physiquement mon histoire, avant d'écrire
L'écriture s'est imposée : écriture frictionnelles, légendes réinventées
L'écriture s'est imposée : écriture frictionnelles, légendes réinventées

Photo anonyme montrant une une jeune personne armée, dans une chaise à porteur soulevée par quatre jeunes hommes noirs dans une plantation coloniale en Afrique

Feuille de passeport trouvée aux puces : un des ressorts et liants de mon récit à travers ces deux personnes passerelle entre Afrique et Europe

Une histoire de soeurs qui n'en sont peut-être pas
Une histoire de soeurs qui n'en sont peut-être pas
Couverture du livre : deux symboliques
Couverture du livre : deux symboliques

La figure paternelle étrangère, inconnue

La Révolution des Oeillets intégrée à l'histoire de cette famille 

Photo d'identité ayant donné le titre au livre et à l'expo : 

"Accepte-le pour que jamais tu ne m'oublies", cette phrase était au verso de la photo.

Vue de l'exposition sous forme d'installations, effet sonore, accumulation, supports et ruptures d'échelle avec les images souvent minuscule de la collection.

Trois cartes de l'Empire Portugais achetées aux puces

Vue de l'exposition sous forme d'installations, effet sonore, accumulation, supports et ruptures d'échelle avec les images souvent minuscule de la collection.

Vue de l'exposition sous forme d'installations, effet sonore, accumulation, supports et ruptures d'échelle avec les images souvent minuscule de la collection.

Vue de l'exposition sous forme d'installations, effet sonore, accumulation, supports et ruptures d'échelle avec les images souvent minuscule de la collection.

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